Cris, pleurs, menaces, bouderies, cahiers qui volent à travers la pièce, privations, punitions, et parfois paires de claques…

Combien de soirées gâchées par les disputes autour de ces fameux devoirs, combien de scènes de ménage entre les parents en découlent quelques fois, combien d’accès de colère, d’angoisse et de culpabilité sont générés par ce rituel du soir dans les familles françaises ?

C’est un fait de société que les devoirs – très innocemment donnés par des enseignants qui souhaitent que les élèves gagnent en compétences et en confiance en soi, en s’appropriant les sujets abordés dans la journée – tournent hélas trop souvent au conflit dévastateur entre les parents et les enfants.

D’autant plus que les enseignants, pour beaucoup et voulant bien faire, ont le réflexe malheureux de s’adresser aux parents lorsqu’un élève ne fait pas ses devoirs, méconnaissant sans doute les dégâts relationnels qu’ils provoquent.

Or, comment peut-on imaginer qu’un enfant ou un adolescent construise la confiance en soi nécessaire pour prendre plaisir à ses apprentissages, lorsque les personnes qui comptent le plus au monde à ses yeux le regardent tous les soirs d’un air inquiet, furieux, consterné ?

C’est une évidence qu’on oublie trop souvent : la confiance en soi, socle du plaisir dans les apprentissages, est le résultat d’interactions valorisantes.
L’enfant cherche dans le regard et dans l’attitude de ses proches, et avant tout de ses parents, cette conviction qu’il est capable de réussir, et que s’il échoue il est capable d’en assumer les conséquences.
Cette conviction qu’il a en lui toutes les ressources nécessaires pour réussir ses apprentissages, du moins ceux qui ont du sens pour lui.
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